Questions

Samedi 6 août 2005 6 06 /08 /Août /2005 00:00
 Lors du symposium de Lauraguet-sous-Bernon consacré aux métattitudes oblivionnelles chez les primatopathes mercantiliques, le 25 avril 1909, comme quoi ça ne date pas d'hier, le célébre psychopharmaticien Etienne de la Bistrouqueste avait fait sensation en déclarant :

"Le trente-et-unième siècle sera ou ne sera pas,
ou je ne m'appelle pas Etienne de la Bistrouqueste."


 Cette déclaration péremptoire et ankylosée avait surpris l'ensemble de l'aéropage de l'aéroport où se tenait le colloque, par sa précision d'une part, son ambivalence d'autre part, et sa rectitude prophétique d'une troisième part (la quatrième part avait déjà été mangée lorsque je suis arrivé). La presse spécialisée de l'époque ( Le Groin, Le Nouveau Marteau-Piqueur, La Gazette du Gazier ) s'était longuement interrogée, à grand renfort d'éditoriaux avisés, sur les implications philosophiques et économiques de cette déclaration, et sa portée morale, sans toutefois réussir à trier le bon grain de l'ivresse.

 Il faut dire que les propos d'Etienne de la Bistrouqueste étaient tellement novateurs pour l'époque, et son discours d'une telle imbitabilité, que l'embarras des échotiers nous apparaît, avec le recul, sinon jusitifié, à tout le moins compréhensible.

 Aujourd'hui donc, près d'un siècle après cet épisode marquant, peut-on analyser un peu plus lucidement cette déclaration, et en tirer, sinon les vers du nez, au moins les leçons qui s'imposent ? Chiche.
 Reprenons la formule précisément, et analysons-la un peu finement, si toutefois nous en sommes capables.

  1. "Le trente-et-unième siècle sera ou ne sera pas "

     Jusque-là, rien à redire. Certes, nous n'en sommes pas encore là, le trente-et-unième siècle n'est même pas encore une lueur dans l'horizon restreint mais infini de la chaîne alimentaire du temps, mais nous pouvons à tout le moins envisager la situation d'une oreille sereine. Et dire, de plain-pied avec le génial visionnaire : oui, le trente-et-unième siècle sera. Ou ne sera pas. C'est selon. Voilà au moins une bonne chose de faite.

  2. "ou je n'appelle pas Etienne de la Bistrouqueste"

     Et c'est là que le bât blesse. C'est là que l'édifice s'écroule, que le rideau se déchire, que le lait se sauve. C'est là que l'échelle du savoir se fissure.
     Car il faut bien le révéler publiquement aujourd'hui, quitte à provoquer un séisme culturel sans précédent : non, Etienne de la Bistrouqueste ne s'appelait pas Etienne de la Bistrouqueste. Et je le prouve.

 Les registres de la paroisse de Saint-Exiguë, dans la Bièvre, sont formels : Etienne de la Bistrouqueste est né de père inconnu, et de mère méconnaissable, le 2 janvier 1868, à 8.15, peu après l'angelus. Pour un 2 janvier, il faisait plutôt tiède, nous apprennent les même registres, jumelés à l'époque avec ceux de Météo-France. Elevé par la mère Pigeon, concierge de la maternité catholique pour jeunes filles perdues, il fera toutes ses études sous le patronyme d'Honoré Pigeon, les archives du Sacré Collège de Saint-Exiguë en attestent.
 C'est probablement en 1888, à la veille de ses vingt ans, qu'Honoré décide de changer de nom. Les registres d'Etat-Civil de Plésiosaure-le-Muret, où il réside alors, n'en démordent pas : il n'y a aucun Honoré Pigeon sur les listes électorales, alors qu'on y trouve, en bonne position, un certain Etienne de la Bistrouqueste !

 Il faut se faire une raison : Etienne de la Bistrouqueste ne s'appelait pas Etienne de la Bistrouqueste. Et le postulat sur lequel s'est construite toute la philosophie moderne s'écroule :

non, le trente-et-unième siècle ne sera pas ou ne sera pas.

 Ce qui change tout, ne trouvez-vous pas ?

 Moi, si.

Par Proof - Publié dans : Questions
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Mercredi 3 août 2005 3 03 /08 /Août /2005 00:00

 Il y a des questions comme ça qu'on voudrait être le premier à avoir posées. Et ça tombe bien, car je pense être dans ce cas de figure.
 Alors je vous le demande : La rotonditude minérale a-t-elle une valeur métaphysique ?

 Il y a fort longtemps, Marcel Einstein ne s'était pas posé cette question. C'est sans doute la raison pour laquelle il n'y avait pas répondu. Bien avant lui, elle n'était pas venue à l'idée d'Eusèbe Newton non plus. Pas davantage que de Roger Descartes. Quant à Georges Pythagore, n'en parlons pas, ce mec était vraiment un blaireau, sans blague.
 Non, vraiment, il semble bien que je sois le seul à m'être interrogé sur cette délicate occurence.
 Alors une fois la question établie (et je me remercie de l'avoir posée), trois remarques s'imposent, que nous allons tenter de développer ici.

  1. En quoi la rotonditude minérale nous interpelle-t-elle ?
  2. La valeur métaphysique est-elle métaphysiquement valable ?
  3. Doit-on vraiment se farcir toute ces conneries à une heure de grande écoute ?

 De ces trois remarques, une seule mérite vraiment une réponse : la troisième.
 Et la réponse est : non.

Par Proof - Publié dans : Questions
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Samedi 28 mai 2005 6 28 /05 /Mai /2005 00:00
 Maintenant que la rhétorique sub-spatiale est bien en place, peut-on envisager une seconde de raisonner sérieusement ? Oui ? C'est bien aimable de votre part.
 Alors posons une question simple :

Y a-t-il une seule bonne raison pour douter de l'existence de Dieu ?

 Je dis bien une seule.
 Je dis bien aussi bonne raison.
 Et je dis bien aussi raison.
 Et je l'écris en gros. Non mais.
 Je dis bien ce que je veux, de toute façon.
 Oh, et puis, eh... hein ?
 Alors, reprenons. Et par le début, tant qu'à faire.

 Au début, il y avait Dieu. Mais juste un petit Dieu. Un Dieu pas encore bien fini. Un Dieu comme qui dirait un peu ramassé du bulbe. Pas trop présentable, quoi. Genre mal foutu. Mais bon, quand même, c'était Dieu, quoi... Alors mine de rien, on fait gaffe quand même. Des fois que. Mmh... on ne sait jamais.

 Et puis, la géomancie précolombienne passa par là. Non, pas par là. Par là. Oui, par là. Avec son terrible cortège. Avec ceux qui philosophent dans les caves sans avoir bu, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant bu ; avec tous les rayés et tous les tondus des écoles militaires, avec le dernier étudiant trébuchant des affreuses files des cantines scolaires, enfin tombé sous les averses ; avec les huit mille colis postaux qui ne sont pas revenus des postes restantes, avec la dernière gargouille morte à Notre-Dame pour avoir arrosé l'un des nôtres. Avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit...

  Et alors plus ne rien pareil fut. Ou pas trop.
 Car Dieu commença à exister, dans l'inconscient collectif, là où niche la bête, là où la bête a sa niche.
 Et dès lors que ce fut ce qu'il fut, ne fut plus ce qui était. Et réciproquement. Comme l'a si fort justement souligné Herbert Léonard dans son remarquable opuscule "Les Chasseurs Polikarpov" (éditions Mon Opuscule, mars 1905) :

"Tant va le cachalot qu'à la fin il fait la cruche"

 Et comme c'est vrai.

 Parce que l'un dans l'autre, douter de l'existence de Dieu, ce n'est pas douter de Dieu. Juste de son existence. Pas confondre.
Par Proof - Publié dans : Questions
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Samedi 7 mai 2005 6 07 /05 /Mai /2005 00:00

  Ah tiens, ben voilà une question qu'elle est bonne. Une question si bonne qu'elle en induit instantanément une autre, nettement corollaire : la question est-elle aussi bonne que la soupe de nouilles elle-même ? Voilà une question qui mériterait sans nul doute une réponse, et pas qu'un peu. Mais bon. On n'a pas que ça à faire.
 Pour reprendre les choses par leur début (ce qui est souvent la meilleure tactique, il faut bien le dire), de quelle soupe de nouilles parlons-nous ? Car, il faut le savoir, il y a soupe de nouilles et soupe de nouilles. Référons-nous à la typologie la plus souvent employée par les auteurs :
  1. 1- Soupe de nouilles aux nouilles

    La plus fréquemment mentionnée dans les textes sacrés. Spécialité de Rabindranath Tagore. Estelle l'adorait. Mais l'histoire finit mal (voir Réflexions sur le mythe d'Estelle)...

  2. 2- Soupe de nouilles avec des nouilles

    Variante subtile de la précédente. On en trouve la trace dans le De rerum diabolicum de Saint Togustin (1602-1604). Il y explique longuement l'importance de la vacuité intrinsèque dans sa préparation, et la nécessité d'y rajouter une pincée de sel juste après la première cuisson.

  3. 3- Soupe de nouilles sans nouilles

    La plus marrante. Mais aussi la plus délicate à préparer. Hervé de la Pétassière (1840-1962) a fait remarquer dans son opuscule Histoire d'un gaspacho morne (Le Glutamate illustré) combien il était difficile de la remuer une fois cuite. Il conseillait de le faire auparavant, une bonne fois pour toute, et de se retirer en méditation autochtone pendant la digestion (comptez deux bonnes heures).
 De ces trois versions, laquelle retiendrons-nous pour notre démonstration ? Une quatrième : la soupe de nouilles malgré les nouilles.
 Pourquoi, me direz-vous ? Parce que, vous répondrai-je. Vous vous y attendiez à celle-là, je parie ? Eh ben voilà. Comme ça, vous n'êtes pas déçus.
 Bon on peut y aller ?
 Reprenons donc. Quelle était la question, déjà ? Ah oui : Pour ou contre le chabichou hongrois.

 Bon écoutez, j'ai comme une petite fatigue, là. Je vous propose de faire un pause. Nous reprendrons dans quelques instants.

 Ou pas, d'ailleurs...
Par Walter Proof - Publié dans : Questions
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Vendredi 6 mai 2005 5 06 /05 /Mai /2005 00:00

 Une lectrice assidue me posait naguère cette question : "qui a gagné le match AEK-Telefunken - Real Playeur, en quart de finale de la Coupe de l'Empereur ?"
 Si je puis me permettre cette réponse pour le moins directe, la question n'est pas si conne qu'elle en a l'air. Car en fait, de l'issue de ce match dépend en grande partie le sort de notre ami Rabindranah (voir Réflexions sur le mythe d'Estelle)
 Je m'explique. Rabindranah Tagore a toujours pensé que la précarité de l'expérience métaphysique relevait du fantasme, plus que de la défaillance cardiaque. Ce qui explique que lorsqu'il préconise le rejet de toute interdépendance macrocosmique, il affiche en fait une volonté implicite de séduire le côté rebelle de notre personnalité.
 Je sais que ça peut prêter à rire au premier abord, mais réfléchissez-y deux secondes avant de rigoler, et vous verrez. Bande de nazes.

 Ah, à propos : Le Real Playeur a battu Telefunken 3 à 2, après prolongations.
Par Proof - Publié dans : Questions
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Vendredi 6 mai 2005 5 06 /05 /Mai /2005 00:00
Hein?
Par Walter Proof - Publié dans : Questions
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